dimanche 7 juillet 2013

Concert live à l’institut français du Bénin : Isdeen entame une nouvelle carrière musicale internationale samedi prochain




Le piédestal, que l’institut français du Bénin s’active à monter, samedi prochain, via la programmation du concert live du chanteur béninois, Isdeen,  ouvrira incontestablement des opportunités musicales à cet artiste. Formidable bête de scène, Isdeen entamera une nouvelle carrière musicale internationale au terme de son concert live très espérés par les chevronnés de la « World-Music ».



Tard vaut mieux que jamais ! Enfin, le  rêve doux de l’auteur, compositeur et chanteur béninois, Isdeen sera une réalité samedi prochain au théâtre de verdure de l’institut français du Bénin. Le concert tant attendu depuis des années est enfin programmé. Avec une bande d'amis d'enfance qui constituent aujourd'hui les membres de son  nouveau groupe d’orchestre sous la dénomination de « Métalokan », Isdeen emportera les spectateurs dans un univers particulier de la « World-Music » où les passions vont se déchainer. De l’afro-beat au  jazz en passant par le folk, Isdeen a le jazz singulièrement dans la  tête  et dans la voix. Une voix qu’il réhabilite dans toute sa dimension instrumentale, unique,  légère, lyrique et parfois dramatique, fascine autant le public que les musiciens. Tous ceux qui l’ont vu en concert live  le savent déjà, après quelques prestations triomphales lors de la 05ème édition du festival « Gospel et Racines » et enfin le festival « Couleurs Jazz » de Cotonou.

Après 5 années de travail acharné pendant lesquelles il s’est forgé, Isdeen, incarnant le charisme et l’énergie de Seun Kuti revient en grande puissance pour ouvrir une nouvelle page de sa carrière musicale. Puisque, les artistes chanteurs qui prennent par cette scène parviennent à se hisser au palmarès des grandes scènes mondiales. Le choix porté sur Isdeen par de l’institut français du Bénin n’est pas un fait du hasard.

            

Au –delà d’une simple demande, il m’en demeure pas moins vrai qu’une enquête a été faite à l’endroit de cet talent protéiforme. Le travail quotidien, la qualité des timbres vocaux, le parcours musical atypique et l’engagement d’exporter la traditionnelle vers la scène internationales sont autant d’atouts qui ont milité à la sélection d’Isdeen.  Multipliant les répétitions, compte tenu de la taille de l’enjeu, Isdeen présentera au cours de ce concert, préparé avec amour et abnégation, le répertoire riche et varié de son album.

 Empruntant les vicissitudes de la vie dans les thématiques, cet autodidacte, joueur de plusieurs instruments musicaux, dont  la percussion,  crée un métissage fort qui plonge la masse dans un monde  onirique de paix,  Joie, amour du prochain, sensibilisation et conscientisation. Isdeen influe son entourage à travers la spécificité des langues, qu’il utilise pour véhiculer ses messages. Il chante couramment en  français, l’anglais, Yoruba,  et le Fongbé.  A noter que le doyen de la Funk, Afrobeat et salsa, EL Rego passe en avant première du concert live d’Isdeen avec la présentation de quatre(4) titres de ses opus.



Qui est  Isdeen Adamon ?

Né le 05 juillet 1969 à Cotonou dans le département du Littoral, Isdeen Adamon est depuis son enfance mouillé dans certaines réalités de la musique béninoise. Originaire de la commune d’Adjohoun, il est influencé par les rythmes de cette localité. Puisque,  son père fût un célèbre pion de la valorisation de ces rythmes dont il hérite aujourd’hui. En vue de se donner une vraie image dans la société béninoise, Isdeen a appris un métier. Diplômé d’une attestation d’ajusteur tourneur, Isdeen a reçu également un permis de poids lourds.

 Dans toutes ses expériences professionnelles, Isdeen ressort comme un éternel insatisfait. Raison pour laquelle, il s’est lance dans une aventure musicale depuis 1991. II a même sorti un titre de son répertoire sur une compilation de 13 titres par 13 artistes musiciens grâce à l’ex directeur du centre culturel français de Cotonou, André Joli. Aujourd’hui, Dieu l’a convergé vers Sourou Noudogbéssi, béninois résident en France qui a pris  l’engagement de faire de cet artiste, une icône de la scène internationale. Et depuis 2008, l’aventure a commencé avec les deux. Sourou Noudogbéssi continue de soutenir Isdeen dans sa carrière à traverses actions. Positionner Isdeen sur les festivals de musique au niveau local. Encourager Isdeen à approfondir les recherches musicales afin de se donner une place dans le showbiz musical. C’est autant d’actions que M. Sourou Noudogbéssi n’a jamais de cesser de faire au profit de cet artiste, espoir de tout un peuple.

Par Rodéric Dèdègnonhou






dimanche 17 février 2013

Trois questions à M. Moussa Sène Absa ,Président du jury long-métrage du festival "Quintessence" édition 2013

"C'est aussi une considération de la part d'un ami et d'un collègue, en la personne de Jean Odoutan"
De nationalité sénégalaise, le cinéaste Moussa Sène Absa séjourne depuis quelques jour au Bénin. Il présente son dernier film, "Yoole, le sacrifice", un documentaire de 75minutes", à la 11ème édition du festival "Quintessence". C'est avec une grande fierté que M. Jean Odoutan, délégué général du festival "Quintessence" a désigné Moussa Sène Absa pour présider le jury long-métrage. Moussa Sène Absa partage ici sa première réaction après cette annonce. Il fait un tour d'horizon. Entretien.

Quelle est votre première réaction sur le fait de présider le jury des films de long-métrage ?

"J'ai reçu cette annonce comme un honneur. C'est aussi une considération de la part d'un ami et d'un collègue en la personne de Jean Odoutan. Je salue ici, l'engagement, la perspicacité et l'effort continuel de Jean Odoutan, pour faire de son pays un endroit où le cinéma a droit de cité. Je pense que les efforts que Jean Odoutan est en train de faire doivent pousser chaque individu à considérer le cinéma comme un art majeur. Un art qui est capable de changer des gens, de changer l'avis des gens, de leur donner un peu de bonheur mais aussi de les rapprocher de leur culture."

Vous avez le privilège de participer à plusieurs festivals de films dans le monde. Qu'est-ce qui fait la particularité de Quintessence selon vous ?

La fraternité et la convivialité. C'est quelque chose que je trouve vraiment typique au festival "Quintessence". Tout le monde me connait, au point où j'ai l'impression d'être chez moi.

Qu'est-ce qui vous guide, en tant que président du jury des films de long-métrage ?

Que le meilleur gagne. Nous allons travailler sur la qualité. La qualité et rien que la qualité. C'est- à dire, la qualité des films, de l'histoire, la voix du réalisateur, sa vision du monde et ses questions qu'il pose à travers son film à l'ensemble de son peuple et de tous les cinéphiles.
Propos recueillis par Rodéric Dèdègnonhou, journaliste à l'Agence Bénin Presse

mercredi 28 novembre 2012

Biennale Bénin édition 2012 : Le projet « Résistances Itinérantes » place Abomey sur orbite

 Projet spécial de la biennale Bénin édition 2012, « Résistances Itinérantes » a frémi la ville historique d’Abomey par la mise en œuvre des différentes activités inscrites à cet effet. C’était vendredi et samedi dernier que festivaliers et publics curieux de la dite ville ont assisté avec satisfaction et ferveur aux diverses phases dudit projet.

Initié par le directeur exécutif de la biennale Bénin édition, Dominique Zinpkè, le projet « Résistances Itinérantes » a pour objectif de mettre en lumière des écritures plastiques contemporaines d’une rare vitalité qui se situent au coeur du quotidien et des enjeux actuels. Ce projet a permis aux festivaliers et publics curieux de la ville d’Abomey d’assister aux vernissages des expositions « Noble Héritage » et « Densité génération Nouvelle ».
  En effet, la soirée du vendredi a permis aux festivaliers de la biennale Bénin de fouler le sol du palais royal d’Abomey  afin d’assister au vernissage de l’exposition « Noble Héritage ». L’artiste, par une sorte d’engagement, transgresse l’expérience ordinaire en se libérant des évidences et en exhibant l’absolue contingence des choses, qu’il ouvre à une dimension critique des phénomènes socioculturels. Quelques soient les lieux, il s’approprie les matériaux nouveaux pour les rendre autrement expressifs par un processus créateur forcément marqué par un imaginaire et un vécu spécifique.
 L’invitation de trois artistes contemporains majeurs au sein du Palais Royal d’Abomey, en fait un miroir fidèle des dynamiques et résistances créatives les plus actuelles. Les oeuvres, ouvertes à l’altérité et dans la constance à soi, y sont dignement reçues. Avec les œuvres  du trio  Barthélémy Toguo (Cameroun) ; Freddy Tsimba (République Démocratique du Congo) et Zinkpè (Bénin), le palais royal d’Abomey respire un travail profond d’une génération engagée pour l’art.
Après cette étape, cap a été mis à l’Unik – Lieu de création contemporaine. Les différentes œuvres de l’exposition  « Densité génération Nouvelle » ont été connues par la visite des festivaliers.  Cette exposition a réuni treize (13) jeunes plasticiens béninois qui ont réalisé des œuvres lors d’une résidence de création. Il s’agit de : Aston, Sébastien Boko, Marius Dansou, Benjamin Déguenon, Bamouss, Thierry Oussou, Toffa, Damien Tokoudagba, Totche, Nathanaël Vodouhe, Rémy Samuz, Nock, Soeur Goussikindey.  La variété des thématiques et des langages choisis par ces artistes permettent de faire le point sur la production artistique aujourd’hui au Bénin. Elle donne la mesure de l’effervescence et du renouveau de la scène artistique, avec notamment l’émergence d’une nouvelle génération qui invente ces propres codes expressifs. Une performance intitulée « The last death » de Barthélémy Toguo  et une soirée festive ont mis fin à la journée du vendredi.  A rappeler que la journée du vendredi a été aussi une occasion pour les festivaliers de visiter la maison du patrimoine de Porto-Novo afin de prendre corps avec le projet « Waba » sans occulter de découvrir l’équipe « Mémoire d’une biennale»  à l’école du patrimoine  africain.

                      Rencontres thématiques  et  hommage à Cyprien Tokoudagba
Les activités du projet « Résistances Itinérantes » ont démarré samedi dernier par le vernissage d’une exposition d’hommage à Cyprien Tokoudagba. Intitulée « Tokoudagba, l’œuvre d’une vie », cette exposition a connu la participation active des festivaliers  à la Maison des arts contemporains d’Abomey (Maca). Elle retrace le parcours artistique de Cyprien Tokoudagba à travers l’originalité de ses œuvres. Grande figure  de l’art contemporain, Cyprien Tokoudagba s’en est allé dans le ciel noir des nuits d’Abomey. Tout au long de sa vie d’artiste, il a puisé une force au service d’un art exceptionnel mettant en scène la richesse du répertoire ésotérique Danhoméen.
Le Musée Historique de la ville d’Abomey, les nombreux temples Vodou, notamment Zomadounou Akaba, la Maison collective Tokoudagba, etc ; sont aujourd’hui autant de lieux qui inscrivent sur les murs d’Abomey le travail de l’artiste en véritable mémoire visuelle. Réalisées en 2012, quelques mois avant sa disparition, les toiles inédites que présente la Maison des Arts Contemporains d’Abomey (MACA), restituent le creuset de l’intuition créatrice de l’artiste Tokoudagba.
Parlant des rencontres thématiques, les festivaliers ont eu le privilège de débattre autour de deux thèmes dans la salle de conférence  d’Unik-lieu de création contemporaine. Il s’agit de « L’artiste citoyen » sous la coordination du commissaire de la biennale Bénin, Abdellah Karroum et « Les masques se meuvent encore » par Claire Tancon.  Développant  sa thématique, Abdellah Karroum a souligné que la question du citoyen est homogène et interroge le format de l’artiste. La question intègre l’œuvre de l’artiste dans un environnement  politique économique, etc, a-t-il poursuivi avant de proposer l’organisation d’agora pour débattre.
(Publié le 12 Novembre 2012 dans le journal Nokoué)


Spectacle déambulatoire du projet « Mava » à Cotonou :« L’idée de cette performance est d’amener l’art vers les habitants de Cotonou et de les faire participer » dixit Meschac Gaba


Au nombre des projets spéciaux qui meublent les manifestations socioculturelles de la biennale Bénin édition 2012, figure le projet du Musée de l’art de la vie active (Mava) à travers la  « bibliothèque roulante ». Le coordonnateur du projet, Meschac Gaba a organisé, jeudi dernier,  un spectacle déambulatoire  pour dévoiler au public le concept de  la « bibliothèque roulante ».

« Dreaming art, creating future ; Tais-toi Jaloux !!!!!!!!! Mava ; L’ordure d’un homme est le trésor d’un autre homme ; le chasseur oublie souvent qu’en suivant le gibier dans la neige ou le sable il laisse des traces ; art as aesthetic action………. ».Telles sont entre autres les phrases écrites dans les langues française et anglaise pour montrer l’universalité de  l’art. Ces phrases sont gravées  sur des plaques de 18x20 cm fixées à l’emplacement numérologique des motos. Au cours de ce spectacle déambulatoire, les « zémidjans » ont eu le privilège d’offrir au public un défilé d’une heure de temps à peu près avec un arrêt de quelques minutes à l'Institut français. Mais avant cet arrêt, la possession a débuté  à l’école de base Fidjrossè centre. 
La place Calvaire, Carrefour Adjaha – Barrière, Cadjehoun - Haie Vive, CNSS - Place du souvenir, Présidence – CNHU, Institut français - Carrefour ancienne radio, Service Immigration - Carrefour des 3 banques, la direction générale de la gendarmerie – Mehu sont les axes ciblés par Meschac Gaba pour le spectacle déambulatoire avant d’échouer  à l’espace Kora. Ils étaient une soixantaine de conducteurs de taxis-motos à déambuler les rues de Cotonou pour le spectacle.  A en croire, Meschac Gaba, l'idée de cette performance est d’amener l’art vers la communauté de Cotonou et de les faire participer. Soulignant que ce projet fait partie des projets spéciaux de la biennale Bénin, Meschac Gaba  a confié que les plaques montrent l’intérêt international du projet dans la mesure où les phrases de la couleur verte-blanche représentent les phrases venues de l’extérieur tandis que celles de la couleur blanche –noire renseignent sur les phrases  des acteurs culturels locaux. Les messages sont des messages d’art, poursuit-il avant de justifier qu’ils sont issus des acteurs tels que : journalistes culturels, curateurs  et des critiques d’art. Pour Hermann Pitz, Meschac Gaba  est un artiste qui travaille au quotidien. Il crée à la dimension internationale pour tous les sujets du monde. Le projet Mava est une illustration, car ce projet est une plate forme dans la quelle les artistes internationaux  et locaux travaillent ensemble, a évoqué Hermann Pitz. Très intéressant, le projet Mava est une source  éternelle pour tous les artistes, a estimé Hermann Pitz avant d’ajouter qu’il est très surpris de voir les conducteurs de taxis motos choisir eux –mêmes les phrases de la plaque. Durant deux mois, la soixantaine de plaques vont circuler dans la ville avant l’ouverture officielle du projet en janvier 2013.
        (Publié le 12 Novembre2012 dans le journal Nokoué)

A 48 heures de la Biennale Bénin édition 2012 : Le centre commercial « Kora » change de figures

En marge du démarrage officiel de la biennale Bénin édition 2012, les artistes plasticiens venus de plusieurs horizons du monde se focalisent depuis quelques sur les créations d’arts contemporains relatifs au thème « Inventer le monde : l’artiste citoyen». Une descente  mardi dernier , dans l’épicentre de l’évènement, le centre commercial Kora   a permis de constater de visu, ces artistes  en pleine activité de créations.
« Des vas et viens. Chaque artiste essaye d’accoucher ses pensées, ses idées et ses émotions. Des installations et des scènes de performances sont en cours de créations dans une ambiance sereine. Chacun est visiblement déterminé à marquer ses traces au cours de cette rencontre de création d’arts visuels contemporains ». Telle est l’ambiance majeure  constatée mardi au centre commercial Kora  de Cotonou. Le directeur exécutif de la biennale Bénin Dominique Zinkpè, est régulièrement sollicité pour apporter des résoudre  d’éventuels problèmes. C’est en fait, dans un climat de ferveur que les artistes  travaillent. Des espaces soigneusement délimités ont permis aux artistes d’occuper leur carré d’as afin d’installer ou de créer leurs œuvres. Il faut dire qu’à 24 heures du lancement officiel de la biennale, les artistes s’activent pour mettre à jour les œuvres.  Organisé par le Consortium, en coproduction avec les associations culturelles du Bénin, la biennale Bénin édition 2012 sera effective grâce aux partenaires institutionnels tels que : Ministère de la Culture, de l’Alphabétisation, de l’Artisanat et du Tourisme du Bénin, l’Institut français - Ambassade de France au Bénin et l’Union Européenne. La Biennale du Bénin 2012 envisage  interroger la notion d’artiste citoyen, dans ses dimensions actives, sociale et esthétique. La mémoire collective, façonnée de faits historiques et de valeurs éthiques, devient à son tour héritage partagé, au-delà des frontières commercialement cultivées. Il s’agit de réfléchir sur ce qui n’est pas encore là, sur l’absence si présente dans l’imaginaire de l’art, et d’«Inventer le monde», a  justifié, Abdellah Karroum, directeur artistique de cet évènement avant d’ajouter que les artistes travaillant au Bénin sont depuis longtemps impliqués dans la société en tant producteurs d’œuvres et d’interventions concrètes.
(Publié le 08 Novembre 2012 dans le journal Nokoué)
Programmation des rencontres et les thématiques choisies avec les artistes
#1- Repenser une école d’art
Centre Songhaï à Porto Novo
4 au 7 novembre 2012
Anne Szefer Karlsen
Joseph Adandé
Dora Hegyi
Arne Skaug Olsen
Jean-Paul Thibeau
Claire Pentecost
Baba Keita
#2-Interroger la performance - relation entre mascarade et pratiques processionnelles
Unik – lieu de création contemporaine à Abomey (date à confirmer)
Claire Tancons
Romuald Tchibozo
Dominique Zinkpè
Edwige Aplogan
#3 : L’atelier d’artiste et l’espace urbain - Géographie, Histoire et Intervention
Centre Kora à Cotonou (date à confirmer)
Raqs Media Collective
Olivier Marboeuf
Adel Abdessemed
Meschac Gaba

Organisation de la biennale Bénin édition : Françoise collet et Jean-Michel Abimbola officialisent leur soutien à Dominique Zinkpè

Le chef de la délégation de l’Union Européenne (Eu), Françoise Collet, l’Ambassadeur de la France près le Bénin, M. Jean-Paul Monchau et M. Jean-Michel Abimbola, ministre en charge de la culture ont officiellement apporté leur soutien au président du consortium de la biennale Bénin, Dominique Zinkpè. C’était vendredi dernier au cours d’une conférence de presse au centre commercial « Kora » de Cotonou, que ces personnalités ont exprimé leur ferme engagement de soutenir la biennale Bénin.
Le directeur exécutif de la biennale Bénin édition 2012,  M. Dominique Zinkpè doit s’estimer très heureux. Il l’est déjà. Et ceci, à travers ses mots de remerciement à l’endroit des personnalités de  l’Union Européenne (Eu), de l’Ambassade de la France près le Bénin et le ministre en charge de la culture. En effet, ces personnalités ont donné une conférence de presse, pour témoigner leur attachement à la culture béninoise via la biennale Bénin.
Organisé par le Consortium, en coproduction avec les associations culturelles du Bénin, la biennale Bénin édition 2012 sera effective grâce aux partenaires institutionnels tels que : Ministère de la Culture, de l’Alphabétisation, de l’Artisanat et du Tourisme du Bénin, l’Institut français - Ambassade de France au Bénin et l’Union Européenne.
 La Biennale du Bénin 2012 envisage interroger la notion d’artiste citoyen, dans ses dimensions active, sociale et esthétique. La mémoire collective, façonnée de faits historiques et de valeurs éthiques, devient à son tour héritage partagé, au-delà des frontières commercialement cultivées.  Il s’agit de réfléchir sur ce qui n’est pas encore là, sur l’absence si présente dans l’imaginaire de l’art, et d’«Inventer le monde», a justifié le directeur artistique, Karroum Abdellah avant d’ajouter que les artistes travaillant au Bénin sont depuis longtemps impliqués dans la société en tant producteurs d’œuvres et d’interventions concrètes.
(Publié le 06 Novembre 2012 dans le journal Nokoué)

Présentation des projets spéciaux et activités de la biennale Bénin édition 2012
Le lieu choisi pour l’exposition se transforme d’un espace commercial vers un lieu de rencontres et d’échanges artistiques. Tandis que l’exposition internationale est organisée au Centre Kora, un ancien hypermarché transformé pour l’occasion en lieu culturel, des projets spéciaux sont coproduits avec des collectifs d’artistes et des institutions culturelles locales et internationales.
Les Projets Spéciaux associés à cette édition de la Biennale, sélectionnés à partir de propositions actives au Bénin, s’inscrivent dans la logique d’une implication fondamentale de l’artiste dans la Cité, avec une dimension amplifiée de création d’espaces de rencontres inventés par les artistes eux-mêmes, individuellement ou en collectivité. Le projet MAVA de Mechac Gaba et le projet Boulev’art initié par Dominique Zinkpè sont des projets porteurs de l’idée de l’artiste dans la Cité.
Les projets spéciaux de la Biennale Bénin 2012 sont :
Bibliothèque Résidence
Musée de l’Art et de la Vie Active – MAVA
Le projet MAVA, Bibliothèque Résidence se décline en deux activités : la première, est une bibliothèque constituée d’ouvrages d’art provenant du Musée d’Art Contemporain Africain de Meschac Gaba et d’institutions telles que le Centre Georges Pompidou. La seconde une Bibliothèque Roulante fait appel aux zémidjans, célèbres taxis-motos du Bénin. Les zémidjans portent des textes extraits des ouvrages d’art de la Bibliothèque Résidence. Ce projet se veut ainsi un moyen de connexion entre les habitants de la ville, l’art et son histoire.
La Porte du Retour en couleur
Association pour la Promotion de la Jeune Création en Arts-Plastiques
La Porte du Retour en couleur est une œuvre monumentale et architecturale collective réunissant une vingtaine d’artistes, guidés par Philippe Abayi. Elle consiste en la mise en perspective de la Porte du Retour symbolisant la foule venue accueillir ses frères de la diaspora. Elle est installée sur l’esplanade de la Médiathèque des Diasporas à Cotonou.
Résistances Itinérantes
Unik, lieu de création contemporaine
Résistances itinérantes est un projet d’expositions d’artistes internationaux reconnus - Barthélemy Toguo, Freddy Tsimba, Lionel Ducos- et d’artistes issus de la nouvelle scène contemporaine locale, s’inscrivant dans des lieux du patrimoine historique tels que le Palais Royal d’Abomey. Un parcours hommage dans la ville est proposé à travers l’oeuvre de Cyprien Tokoudagba pour aborder les différents lieux de son intervention artistique.
Résistances Itinérantes se propose d’être le fil rouge d’une exploration d’oeuvres qui convie le spectateur sous l’angle de l’échange et des convictions partagées, autour de la nouvelle et de l’ancienne génération d’artistes.
Mémoire d’une Biennale
Afrikaada-Africadoc Bénin
Mémoire d’une Biennale retranscrit le dialogue entre l’artiste et les mondes autour de lui à travers des ateliers de formation à la critique d’art et à l’écriture documentaire. Les expositions propos proposées dans le cadre de la Biennale Bénin sont les lieux d’expérimentation des étudiants en journalisme ou en art, des professionnels de l’audiovisuels et de la presse et des amateurs du monde de l’art contemporain. Des rencontres professionnelles, des ateliers de rédaction et de réalisation donneront lieu à un magazine et une collection de pastilles documentaires sur les artistes et leur regard décalé sur leur cité et la vie de ses habitants.
Optiques Transversales (suite)
Association des Critiques d’Art du Bénin
Optiques transversales (suite) propose à des photographes africains, notamment Eric Ahonou, Charles Placide Tossou, Clovis Agbahoungba, d’interpréter certains des plus grands tableaux de l’histoire de l’art occidentale. Il ne s’agit de reproduire ces chefs-d’oeuvre en question, mais de les réinventer à partir d’éléments authentiques locaux. C’est un exercice d’esthète qui met en lumière la créativité des photographes, leur sens de composition, leur goût de la mise en scène, leur capacité à s’approprier des langages artistiques d’autres genres et d’espaces culturels différents pour en faire des compositions nouvelles. Le dialogue ainsi établi se décline à tous les niveaux : entre artistes, entre cultures, entre époques, entre genres... Une transversalité totale.
La Débrouille
Vakpo
La Débrouille propose à la population de regarder «les marginaux» avec un autre regard, celui d’un artiste qui met en exergue les morphologies différentes, via des créations et la production d’une esthétique désignée en collaboration avec les artistes Marius Dansou, Sébastien Boko, Sophie Négrier et Nathanaël Vodouhè. La Débrouille met en place plusieurs ateliers de création -stylisme, peinture, sculpture- destinés à un public handicapé. Les productions font l’objet d’une exposition dans une boutique au Centre Kora.
Waba 2 Elowa
Waba propose pour cette deuxième édition, l’ouverture au public des ateliers d’artistes à Cotonou, Abomey et Porto-Novo tels que Rafiy Okefolahan, Totché, Benjamin Déguenon, François Zansou, Méhomez, Romuald Mévo Guézo etc. C’est aussi l’occasion d’un échange avec des artistes internationaux qui mettent l’accent sur le graff, dont des expositions et des performances nocturnes animent le voyage prévu pour la semaine d’ouverture de la Biennale.
Le Carrefour des Arts du Bénin
Fédération des Artistes Plasticiens du Bénin
Le Carrefour des arts du Bénin propose une grande exposition regroupant une trentaine d’artistes plasticiens béninois dont Hervé Alladayé, Thierry Gansa, Ghislain Fadohan, Nok, Thierry Oussou… à la Médiathèque des Diaspora à Cotonou. Elle est ponctuée par des rencontres et des performances proposées par des collectifs d’artistes.
Dérive connectée
Bénin Connexion
Dérives Connectées est une appropriation de l’espace urbain à travers une exploration indéterminée de la ville. Cette dérive d’un groupe dans la ville de Cotonou est connectée à celle d’un autre groupe situé à Vienne, et permet une écriture poétique de la ville. Dérive connectée est donc une exploration « virtualisée » de la ville en tant qu’espace urbain.
Artiste créateur d’espaces, artiste producteur
Espace Tchif
L’Espace Tchif accueille des rencontres et discussions autour des questions de création d’espaces pour l’art dans la cité. Nous assistons à plusieurs initiatives d’artistes et d’intellectuels qui créent des espaces indépendants sur tout le continent africain. A quoi répondent ces initiatives ? Quels sont les moyens et quelles méthodologies pour faire vivre ces espaces et pérenniser leurs actions dans un contexte de crise globale? Ce programme comporte notamment des mini-ateliers d’expérimentations artistiques qui sont relayés par la radio de la Biennale Bénin. Par ailleurs, un certain nombre d’activités existantes ou en projets, est identifié et documenté par l’équipe de recherche et les experts invités par la Biennale Bénin. Ces activités sont répertoriées par la Délégation Artistique et les commissaires invités.

mercredi 3 octobre 2012

Interview de Lionel Ducos, sculpteur français en résidence de création au Bénin : « .. L’amazone en question est terminée … »

Redynamiser le centre culturel « Unik lieu de création contemporaine » de la ville d’Abomey. Telle est l’une des visions de M. Dominique Zinkpè en ouvrant officiellement  les portes de ce joyau dans la cité historique d’Abomey en juin dernier. Et pour rester coller à cette philosophie, le directeur dudit centre, M. Dominique Zinkpè a convié depuis cinq semaines le sculpteur français de renommée internationale, M. Lionel Ducos pour une résidence de création. Une descente au centre culturel « Unik lieu de création contemporaine » de la ville d’Abomey , le week-end dernier a permis d’échanger sur le travail colossal de cet artiste protéiforme. Interview.

Présentez-vous aux lecteurs
Je m’appelle Lionel Ducos, je suis français. Je vis en France. Je travaille un peu partout  dans le monde entier. Je suis ici aujourd’hui pour une période de cinq semaines au Bénin sur invitation d’un grand ami, un grand artiste aussi. Il s’appelle monsieur Dominique Zinkpè. C’est entre  artiste que la rencontre s’est faite en premier lieu. C’est la raison pour laquelle  sur cette invitation, j’ai demandé à monsieur Dominique Zinkpè  ce qui lui semblait emblématique. Un personnage ou une sculpture parce que je suis sculpteur. J’ai demandé  donc qu’est ce qui semblait emblématique au Bénin comme personnage fier et noble. Et immédiatement, la réponse a été, Lionel, il faut impérativement faire une amazone. Alors une amazone de l’époque, je veux parce que les amazones existent encore aujourd’hui. Elles constituent le décor d’armée béninoise. J’ai choisi avec grand plaisir ce personnage, qui fait deux-mètres vingt (2,20m) de hauteur en terre. Puisque ma spécialité de travailler est de pétrir la terre et l’argile. Donc, je ne travaille pas seul, je suis invité à faire participer cette action des jeunes béninois et des femmes béninoises potières également. Puisqu’au Bénin, il y a une grande tradition comme en Afrique en général, il y a une grande tradition de la poterie, qui est souvent culinaire. Moi, j’utilise en grossomodo la même technique sauf que je ne fais pas de pots pour faire la cuisine. Je fais de la sculpture sur le même principe ».
 Après cinq semaines de travaux, est-ce que votre envie de réaliser l’amazone en sculpture est une réalité aujourd’hui ?  
« L’amazone en question est terminée. Il nous aura fallu…….je dis nous, puisqu’on a été trois  aventuriers  dans cette affaire, la sculpture nous a donné cinq semaines complètes y compris les samedis et dimanches. Aujourd’hui, elle est achevée et on va passer très bientôt à une  deuxième opération très délicate. C’est l’opération de la cuisson. Cette opération est faite de terre du Bénin et sera cuite au Bénin dans les toutes prochaines semaines. »
Est-ce  que les matériaux sont suffisamment réunis pour faire ce travail ?
« Ah…….Oui……… ça !!!!C’est toujours intéressant. Parce qu’évidemment, les moyens ne sont absolument pas  les mêmes  choses dans le pays où j’ai l’habitude de travailler, qui est la France. Mais en tout cas la terre est en elle-même c’est exactement la même chose. On est sur la même terre, tous ensemble sur la même planète et l’argile reste l’argile où dans quelque pays qu’il soit. On a réussi sans difficulté à remplir cette première mission, à répondre à cette recherche. Puis, après évidemment on a des difficultés à construire ce four. Puisque, le four est gigantesque et là on va changer la technique utilisée  jusqu’à présent par les femmes potières. Donc, on va changer la technique, je vais pouvoir à cette occasion apprendre  de mon côté, comment au Bénin les femmes potières travaillent et moi, je vais leur apprendre avec grand plaisir moi de mon côté,  comment je travaille. Cela veut dire que tout ça, c’est des échanges culturels ». 
Dites –nous, ce qui vous inspire à sculpter cette amazone  avec la terre malgré votre origine surtout que les traits qu’elle porte, retracent un pan de l’histoire béninoise ?
« Bien……….ce qui m’inspire à vrai dire, c’est tout simplement l’histoire. Je me suis beaucoup documenté. Parce qu’effectivement, on  a la chance de bénéficier beaucoup d’informations sur ces fameuses femmes amazones. Ces femmes amazones ont quand même laissé des traces sur trois siècles. Donc, ce qui m’inspire, c’est essentiellement les recherches historiques, un certain nombre de livres et ouvrages relatifs aux femmes amazones écrits par des intellectuels et chercheurs béninois. On a également en France, un centre d’art dénommé : les peuples premiers. Donc, j’ai beaucoup de choses  d’inspirations. Après le reste, ce personnage, c’est une invention d’artiste. Mais, je prétends qu’il n’y a pas d’erreurs historiques  dans mon personnage. C'est-à-dire que tout ceux  qui ont recouvert ce personnage, en occurrence les perles et les cauris ont un sens évidemment sans occulter de laisser des traces dans l’histoire.»
Oui, votre relation artistique avec Dominique Zinkpè.
«Alors………on s’est rencontré, il y a peu près une année en France lors d’une exposition. Lorsque Dominique Zinkpè a vu mon travail, (c’est d’ailleurs un peu réciproque), il est tombé  en admiration. Il se trouve qu’on a une grande complicité parce que Dominique Zinkpè n’est pas seulement un artiste. On s’est que Dominique Zinkpè mène énormément d’activités dans la notion d’éducation et le partage du savoir. Il a développé un centre culturel d’art contemporain à Abomey et j’ai l’honneur d’être un des  premiers invités et je trouve ça merveilleux d’être invité par un autre artiste.  Puisqu’ensemble on se comprend très facilement au-delà même de l’artistique. On se comprend sur l’aspect humain et humaniste de nos engagements. Donc, c’est une très belle complicité, une très belle rencontre, qui maintenant  va durer longtemps »
Propos recueillis par Rodéric Dèdègnonhou, Journaliste à l’Agence Bénin Presse                    (Source www.dedegnonhou.blospot.com)

 
Au-delà de cette résidence, dont la finalité est de sculpter l’amazone par Lionel Ducos, cette œuvre sera mise en vogue  à la biennale Bénin édition 2012 au cours de la cérémonie inaugurale de l’exposition d’arts plastiques à l’Unik lieu de création contemporaine d’Abomey.  Il s’agit concrètement de faire découvrir cette œuvre aux différents invités qui vont assister à cette cérémonie où le pacte culturel entre le Bénin et la France est au beau fixe. 

Quelques notes sur l’exposition internationale la Biennale Bénin 2012
Le programme artistique de la Biennale Bénin 2012 « Inventer le monde : l’artiste citoyen» est inspiré par l’histoire, par les contextes béninois et africains et par les orientations de l’art et de ses enjeux actuels à l’échelle globale. L’exposition internationale rassemble un ensemble d’œuvres existantes et de nouvelles productions, dont certaines œuvres sont réalisées lors de résidences au Bénin. Le processus de sélection d’œuvres de la Délégation artistique se déploie pendant l’été, en dialogue depuis avril 2012 avec les artistes internationaux Adel Abdessemed, Edwige Aplogan, Aston, Ismaïl Bahri, Frédéric Bruly Bouabré, Gabriella Ciancimino, Nestor Da, Adrian Missika, Raqs Media Collective, Ebtisam Abdul Aziz, Tomas Colaço, Pélagie Gbaguidi, Dor Guez, Camille Henrot, Meschac Gaba, Dominique Zinkpè, Otobong Nkanga, Syl Pâris Kouton, Younès Rahmoun, Tchif, Jean-Paul Thibeau, Cyprien Toukoudagba, Vincent+Feria et d’autres..

Entretien avec Dominique Zinkpè au sujet du projet d’exposition ‘’Emblèmes’’: << L’idée force de ce projet est d’essayer de traduire chaque emblème du roi à l’écriture plastique de chaque artiste… »

En marge des festivités marquant l’exposition  ‘’ Art du Benin d’hier et d’aujourd’huiDe la restitution à la révélation’’, plusieurs  projet...